KUNSTLICHER Bericht und aller zierlichste beschreybung

 KUNSTLICHER Bericht und aller zierlichste beschreybung des Edlen Vhesten unnd Hochberümbten Hern Friderici Grisonis Neapolitanischen hochlöblichen Adels: Wie die Streitbarn Pferdt (durch welche Ritterliche Tugendten mehrers thails geübet) zum Ernst und Ritterlicher Kurtzweil geschickt und volkommen zumachen…- Augsburg, Michael Manger in verlegung Elie Willers, 1599.- in-folio de 10 feuillets non chiffrés pour le titre en rouge et noir, la dédicace de Johann Fesser le Jeune, la lettre du même au lecteur, deux explications des termes techniques italiens, la dédicace à Federico Grisone, une planche dépliante figurant le siège des maladies du cheval, 235 pages de texte illustrées de nombreuses planches à pleine page, 20 feuillets non chiffrés contenant 20 planches de tournoi avec l’explication au verso, 2 feuillets pour le huitième livre et le colophon. Vélin de l’époque, dos lisse portant les vestiges d’un décor peint grossièrement effacé.

VENDU  5 600 E

kunstlicher -1

Quatrième réémission qui consiste en une remise sur le marché de celles de 1570, 1573 et 1580 et qui en cela, se révèle strictement identique aux précédentes avec pour seule différence le changement d’année au titre. Ce bel ouvrage réalisé par Johann Fayser (ou Fesser) est connu et recherché pour l’abondance et la qualité de ses illustrations dont la plupart  montrent des cavaliers à cheval ce qui n’est pas courant à l’époque.

Les bois sont de quatre factures différentes, une première série de trois reprend les deux plans de terre et la planche dépliante de l’édition de 1566 de la traduction Allemande du Grisone. Une seconde série de 45 planches représente des chevaux en pied, des cavaliers évoluant sur des plans de terre, des écuyers en train de débourrer un cheval, de le coucher ou de l’habituer aux bruits de la guerre. Une troisième série de 20 planches montre différents modèles de mors, de muserolles et de caveçons. Enfin les 20 planches de la dernière partie mettent en scène des figures du tournoi.

Parmi les illustrations de cavaliers, on peut déceler une différence de technique aussi bien dans le dessin que dans la gravure qui laisse penser que l’on ait fait appel à deux ateliers différents. Cette disparité est visible lorsque l’on confronte les planches encadrées d’un trait gras à celles qui en sont dépourvues. Un petit encadrement en tête du titre comporte en caractères grecs le mot Hippokomike, probablement en hommage au rarissime traité d’hippologie écrit par Joachim Camerarius en 1539 et intitulé Hippocomicus.

Plusieurs confusions sont régulièrement faites au sujet de cet ouvrage dont la plus récurrente est de le présenter comme la première traduction Allemande de Grisone, or il n’en est rien car celle-ci est de 1566 et ne comporte que les deux habituels plans de terre pour illustrations. Le Kunstlicher Bericht est plutôt une compilation réalisée à partir des écrits d’auteurs comme Rusius, Grisone et Fiaschi dont il reprend les portées musicales. D’autre part, plusieurs bibliographes et une majorité de libraires attribuent la paternité de ces planches à Jost Amman or les chevaux de ce dernier sont totalement différents de ceux-ci : ils sont en général long jointés, ont les paturons fléchis et donnent l’impression de poser leur pied en pince. Or si les  chevaux du Kunstlicher Bericht ont des défauts, ils n’ont au moins pas ceux-là.

            Bel exemplaire bien complet de la planche double hors texte du siège des maladies du cheval. La plupart du temps insérée en toute fin d’ouvrage et à cause de cela fortement endommagée ou absente, elle a ici été reliée entre l’introduction et le début du texte et à cause de cela, se trouve dans un état de conservation idéal.

Mennessier: I, 581 n’a pas vu d’exemplaire et cite celui du catalogue Huzard – Toole Stott: 2023 n’a vu que les éditions de 1573 et de 1623 – Nissen: 1723 – Lipperheide: II, 2893 

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